Entre manque d’infrastructures, soutien institutionnel faible et gestion chaotique, le sport kaolackois peine à décoller. Les acteurs appellent à une prise de conscience collective.
Dans les rues de Kaolack, la passion du sport est omniprésente. Qu’il s’agisse de football, de basket-ball, de handball ou de volley-ball, les jeunes ne manquent ni d’envie ni de talent. Pourtant, la réalité du terrain est toute autre : le sport kaolackois est aujourd’hui gangrené par de nombreuses difficultés qui freinent son développement et découragent ses acteurs.
Des infrastructures à bout de souffle
Le premier mal — et sans doute le plus visible — reste l’état des infrastructures. Le stade municipal est dans un état préoccupant, manquant d’entretien et d’équipements de base. Les terrains de quartier, quant à eux, sont souvent impraticables, poussiéreux, ou transformés en zones d’habitation. Pour les autres disciplines comme le basket et le volley, l’absence de terrains réglementaires est un frein majeur à l’organisation de compétitions sérieuses.
Un manque cruel de soutien institutionnel
Les clubs, souvent portés à bout de bras par des bénévoles, se heurtent à un désintérêt manifeste des autorités locales. Les subventions sont rares, les partenariats quasi inexistants, et les projets d’investissement se perdent dans les méandres administratifs. Ce manque d’engagement décourage les jeunes talents, qui finissent par se tourner vers d’autres villes… ou abandonnent tout simplement.
Une gestion souvent décriée
Autre point noir : la gestion sportive locale. Des conflits internes minent les fédérations, les rivalités personnelles prennent souvent le pas sur l’intérêt collectif. Résultat : les compétitions sont mal organisées, les clubs peinent à survivre, et la formation des jeunes est reléguée au second plan.
Des solutions attendues, et urgentes
Malgré ce tableau sombre, des solutions existent. Il est temps d’agir :
1. Réhabiliter et construire de nouvelles infrastructures sportives, en partenariat avec le secteur privé et les ONG.
2. Professionnaliser la gestion sportive locale, par la formation, l’encadrement, et une meilleure régulation des instances.
3. Instaurer une politique publique claire de soutien aux clubs, avec des subventions transparentes et un accompagnement technique.
4. Encourager les initiatives citoyennes, en soutenant les académies privées, les centres de formation et les projets portés par les jeunes.
Conclusion
Kaolack a du talent. Il suffit d’assister à un match de quartier pour s’en convaincre. Mais ce potentiel restera un rêve inachevé tant que les maux structurels ne seront pas pris à bras-le-corps. Le sport peut — et doit — devenir un véritable levier de développement social et économique pour la région. Encore faut-il que les décideurs s’en donnent les moyens.
Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
