A Passy , Ousmane Sonko face aux vérités du terrain :gouvernance , agriculture et attentes populaires

À Passy

De la reddition des comptes aux défis de la filière arachidière, le Premier ministre appelle à des réformes profondes et durables

En marge de la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de Passy, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un discours dense, mêlant engagement politique, responsabilité publique et réalité du monde rural, devant une foule nombreuse et attentive.

Accueilli dans une ambiance populaire, le chef du gouvernement a d’abord réaffirmé sa détermination à faire de la reddition des comptes un pilier central de l’action publique. Selon lui, la gestion des ressources de l’État ne saurait plus tolérer l’approximation ni l’impunité, rappelant que l’argent public doit exclusivement servir l’intérêt général.

Agriculture : un malaise ancien, des solutions attendues

Abordant ensuite la question agricole, Ousmane Sonko a dressé un constat sans complaisance. Chaque année, les mêmes difficultés reviennent, touchant aussi bien les paysans que les acteurs de la filière arachidière. Producteurs, huiliers, exportateurs et opérateurs économiques expriment tous leur insatisfaction, signe d’un système profondément déséquilibré.

Le Premier ministre a souligné que, malgré les subventions accordées chaque année, les tensions persistent. Sur le marché mondial, le prix de l’arachide avoisine 250 francs CFA, mais l’État a fait le choix d’assumer ses responsabilités en relevant le prix au producteur grâce à la subvention, afin de protéger les cultivateurs.

Il a également évoqué les revendications des exportateurs, qui réclament la suppression de la taxe de 40 francs, tandis que les huiliers et les autres opérateurs ne tiennent pas toujours le même discours sur les prélèvements. À cela s’ajoutent les longues attentes des camions liées au système dit des carreaux usine, source de frustrations et de pertes économiques.

Vers de nouveaux leviers dès l’année prochaine

Pour la prochaine campagne, le gouvernement entend explorer d’autres leviers afin de changer durablement les règles du jeu. Avec une production qui dépasse les 900 000 tonnes cette année, le Premier ministre reconnaît que les opérations de commercialisation ne peuvent se dérouler sans difficultés. Toutefois, il se veut rassurant : la situation devrait progressivement se stabiliser.

« Nous avons trouvé sur place d’importants manquements, mais nous ferons tout pour apporter des solutions », a-t-il déclaré, estimant que les ressources injectées dans les subventions pourraient, à terme, bénéficier plus directement au monde rural.

Il a enfin insisté sur un point crucial : la question des semences. Selon lui, chaque cultivateur devrait être en mesure de conserver ses propres semences d’une campagne à l’autre, une pratique pourtant loin d’être généralisée aujourd’hui, au détriment de l’autonomie paysanne.

Un message de vérité et d’engagement

À Passy, Ousmane Sonko a ainsi voulu parler vrai, reconnaissant les difficultés tout en appelant à une réorganisation profonde de la gouvernance agricole et économique. Un message qui résonne fortement dans un contexte où l’éveil des consciences impose désormais des réponses concrètes et durables.

Par Mamadou Camara

Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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