Doudou Wade et le « ticket bloquant » : retour sur une réforme qui avait secoué le Sénégal
Ancien président du groupe parlementaire libéral, Doudou Wade fut l’un des principaux défenseurs du projet controversé de 2011
En juin 2011, le Sénégal traversait l’une des périodes politiques les plus tendues de son histoire récente. Au cœur de la polémique : le projet de réforme constitutionnelle du régime de Me Abdoulaye Wade portant sur le « ticket présidentiel » et le très controversé « quart bloquant ».
À cette époque, Doudou Wade, alors président du groupe parlementaire du Parti démocratique sénégalais (PDS), figurait parmi les principaux défenseurs de cette réforme à l’Assemblée nationale.
Le texte prévoyait l’élection simultanée d’un président de la République et d’un vice-président sur un même ticket électoral. Mais c’est surtout la disposition dite du « quart bloquant » qui avait provoqué une vague d’indignation nationale. Celle-ci devait permettre à un candidat d’être élu dès le premier tour avec seulement 25 % des suffrages exprimés.
Pour l’opposition, les mouvements citoyens et une grande partie de la société civile, cette réforme constituait une menace contre les principes démocratiques du pays. Plusieurs observateurs estimaient également que l’objectif du pouvoir était de faciliter une nouvelle victoire du président Abdoulaye Wade lors de la présidentielle de 2012 tout en préparant une éventuelle succession politique autour de Karim Wade grâce au poste de vice-président.
Le 23 juin 2011, des milliers de Sénégalais étaient descendus dans les rues, notamment aux abords de l’Assemblée nationale à Dakar, pour s’opposer au vote du texte. Cette mobilisation historique avait finalement poussé le régime à retirer le projet de loi face à la pression populaire.
Cet épisode marquera durablement la vie politique sénégalaise avec la naissance du Mouvement du 23 Juin (M23), devenu un symbole de résistance démocratique.
Des années après ces événements, Doudou Wade est revenu sur cette séquence politique en soutenant que le groupe parlementaire libéral avait privilégié la responsabilité afin d’éviter une aggravation de la crise.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
