Assemblée nationale : Le boycott qui interroge le sens de la responsabilité Des députés elus ne doivent pas fuir les rebdez vous de la République

À l’occasion de l’installation du nouveau président de l’Assemblée nationale du Sénégal, certains députés ont choisi de prendre la poudre d’escampette en boycottant cette importante cérémonie institutionnelle. Un acte politique qui soulève de nombreuses interrogations sur le sens des responsabilités et le respect dû au peuple sénégalais.

Ces députés doivent pourtant se rappeler une vérité essentielle : ils ont été élus au suffrage universel, au même titre que le Président de la République. Derrière chaque mandat parlementaire, il y a des milliers de citoyens, des militants et des électeurs qui ont placé leur confiance en eux pour défendre des idées et porter une voix dans les institutions de la République.

Le Parlement est le temple du débat démocratique. C’est le lieu où les divergences politiques doivent s’exprimer avec responsabilité, dignité et respect des règles républicaines. Boycotter une séance aussi symbolique que l’installation du président de l’institution revient à tourner le dos non seulement aux institutions, mais également aux citoyens qui ont accordé leurs suffrages.

Dans une démocratie mature, l’opposition comme la majorité ont des devoirs. Le désaccord politique est légitime, mais il doit s’exprimer dans l’hémicycle, à travers les débats, les arguments et les confrontations d’idées. Quitter les lieux pour ensuite multiplier les déclarations dans les médias ne saurait remplacer la mission fondamentale du député : être présent et défendre ses positions devant la Nation.

Le peuple sénégalais attend de ses représentants hauteur, exemplarité et sens de l’État. Les crises politiques répétitives et les postures de confrontation permanente risquent d’affaiblir davantage l’image des institutions et de détériorer la confiance des citoyens envers la classe politique.

Le Sénégal a besoin d’une démocratie apaisée, fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la culture républicaine. Les députés, quelle que soit leur appartenance politique, doivent comprendre que les institutions sont au-dessus des querelles partisanes.

Le mandat parlementaire n’est ni un privilège personnel ni un instrument de calcul politique. C’est une responsabilité sacrée confiée par le peuple.

Mamadou Camara, journaliste

Kaolack

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