KIIRAAY à NGOTHIE, DYA ET KAOLACK : L’ALERTE AUTOUR DES FORCES DE TERRAIN ET DES RÔLES POLITIQUES D’IBRAHIMA DIOUF ET D’ALY TOUNKARA

La création de KIIRAAY, nouvelle formation politique du président Bassirou Diomaye Faye, ouvre une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique sénégalais. Lancé officiellement en juillet 2026, le parti entend notamment fédérer les soutiens du chef de l’État et élargir son implantation à la base.

Dans l’arrondissement de Ngothie, comme à Kaolack, cette nouvelle dynamique pose naturellement la question de l’organisation locale, de la représentativité des acteurs de terrain et de la manière de valoriser les responsables qui disposent déjà d’un ancrage auprès des populations.

MACAS, plusieurs années d’engagement communautaire

À Ngothie et dans la commune de Dya, le Mouvement Agir pour une Commune Active et Solidaire (MACAS), dirigé par Ibrahima Diouf, s’est progressivement imposé comme une organisation fortement présente dans la vie communautaire.

Avant même les recompositions politiques actuelles, le mouvement s’était investi dans plusieurs secteurs : accompagnement des femmes, soutien à la jeunesse, actions sociales, solidarité, accès à l’eau et initiatives en faveur du développement local.

En 2024, le MACAS avait notamment procédé à la remise de financements de 41,6 millions de FCFA à 22 groupements de femmes de la commune de Dya, dans le cadre de son programme d’autonomisation économique.

Le mouvement s’était également engagé sur la question de l’accès à l’eau potable, avec des travaux d’extension du réseau annoncés sur un linéaire de 3,5 kilomètres dans la commune de Dya.

Sur le front de la jeunesse, Ibrahima Diouf a régulièrement utilisé les activités sportives et associatives comme moyens de mobilisation, d’encadrement et de sensibilisation. Le MACAS s’est notamment engagé dans la lutte contre l’émigration irrégulière en mettant en avant la nécessité de proposer aux jeunes des activités économiques et des perspectives dans l’agriculture, l’élevage et les métiers locaux.

Ibrahima Diouf, un acteur déjà implanté dans le territoire

Au fil des années, Ibrahima Diouf a ainsi construit une présence locale qui dépasse le seul cadre politique. Son engagement associatif et communautaire lui a permis de maintenir des relations régulières avec les populations de Ngothie, de Dya et plus largement de l’arrondissement.

Son positionnement s’est également accompagné d’un discours axé sur les besoins du territoire : infrastructures scolaires et sanitaires, éclairage public, routes, équipements sportifs et amélioration des services administratifs.

Lors de la finale du MACAS organisée à Ngothie en décembre 2025, il avait encore porté plusieurs revendications concernant notamment la rénovation du terrain, l’éclairage public, le transfert de certains services administratifs vers Ngothie ainsi que le bitumage des axes Sibassor–Dya–Diébel et Gamboul–Ngothie.

Cette continuité dans l’action explique, selon plusieurs acteurs locaux, pourquoi la place d’Ibrahima Diouf est aujourd’hui évoquée dans les discussions autour de l’implantation de KIIRAAY dans l’arrondissement de Ngothie.

Une alerte sur la consolidation des forces locales de KIIRAAY

La question qui se pose désormais est celle de l’articulation entre les nouveaux ralliements et les responsables qui ont déjà travaillé pendant plusieurs années sur le terrain.

Certains acteurs de la vie politique locale estiment que la dynamique de rassemblement autour de KIIRAAY ne devrait pas seulement reposer sur le recrutement de responsables issus d’autres organisations. Elle pourrait également s’appuyer sur les responsables disposant déjà d’une base, d’un réseau et d’une expérience de mobilisation dans leurs territoires.

Dans cette perspective, le cas d’Ibrahima Diouf est régulièrement cité à Ngothie et dans la commune de Dya. Son expérience avec le MACAS, son travail auprès des femmes et des jeunes ainsi que son implantation locale constituent, selon ses soutiens, des éléments à prendre en compte dans la structuration de la nouvelle formation.

L’enjeu n’est donc pas uniquement celui des ralliements. Il est également question de cohérence territoriale, de reconnaissance du travail accompli et de capacité à transformer les engagements communautaires en organisation politique durable.

À Kaolack, même problématique autour des pionniers

La même réflexion peut être posée à l’échelle de Kaolack.

Avec le passage de la coalition Diomaye Président à KIIRAAY, la nouvelle organisation doit désormais construire ses structures et consolider ses relais locaux. La transformation de la coalition en parti politique a précisément été présentée comme une étape de structuration et de fédération des soutiens au président Bassirou Diomaye Faye.

Dans ce contexte, des responsables qui ont accompagné la dynamique présidentielle depuis ses premières étapes locales souhaitent naturellement voir leur expérience et leur implantation prises en considération.

À Kaolack, le coordonnateur Aly Tounkara et plusieurs acteurs considérés comme faisant partie des premiers soutiens de la mouvance présidentielle constituent, à ce titre, des relais déjà identifiés sur le terrain. Pour certains observateurs locaux, leur renforcement politique et organisationnel pourrait contribuer à donner davantage de cohérence à l’implantation de KIIRAAY dans la région.

Construire KIIRAAY sur l’expérience et l’ancrage

La nouvelle étape qui s’ouvre pour KIIRAAY pose donc un double défi : rassembler de nouvelles forces tout en consolidant les acteurs déjà implantés.

À Ngothie, le parcours d’Ibrahima Diouf et l’expérience du MACAS illustrent cette problématique. À Kaolack, la question se pose également pour les responsables ayant accompagné la dynamique présidentielle depuis ses débuts.

L’objectif affiché de KIIRAAY étant de structurer une organisation politique capable de s’enraciner dans les territoires, la prise en compte des réalités locales, des réseaux existants et du travail effectué sur le terrain apparaît comme l’un des enjeux importants de cette nouvelle phase.

Pour les acteurs locaux qui suivent cette évolution, le débat est désormais posé : comment réussir l’ouverture à de nouvelles forces sans fragiliser les responsables qui disposent déjà d’une implantation et d’une expérience de terrain ?

C’est autour de cette question que pourrait se jouer, dans les prochains mois, une partie de la structuration de KIIRAAY dans l’arrondissement de Ngothie et à Kaolack.

Mamadou Camara-Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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