À Kaolack, les coupures d’eau signalées dans 35 établissements scolaires relancent le débat sur la prise en charge des factures d’eau des structures publiques. Face aux difficultés rencontrées dans certaines écoles élémentaires, le maire Serigne Mboup mise sur une solution alternative : l’installation de puits pour améliorer l’accès à l’eau dans les établissements concernés.
Cette situation soulève des interrogations sur la répartition des responsabilités entre la municipalité, les autorités éducatives et les autres acteurs impliqués dans la gestion des écoles publiques.
Sur le plan juridique, le Code général des collectivités territoriales, issu de la loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013, attribue aux communes des compétences en matière d’éducation. Toutefois, ces compétences ne suffisent pas, à elles seules, à établir que la municipalité est systématiquement et exclusivement tenue de régler l’intégralité des factures d’eau des établissements scolaires.
De même, la loi n° 2008-59 du 24 septembre 2008 encadre l’organisation du service public de l’eau potable et de l’assainissement collectif. La détermination des responsabilités financières dans le cas des 35 établissements concernés nécessite néanmoins l’examen des abonnements, des factures, des éventuelles dettes, des conventions applicables et des règles budgétaires en vigueur.
Il serait donc prématuré d’imputer l’ensemble des charges à la municipalité sans disposer de ces éléments. Une clarification du cadre juridique et financier permettrait d’établir les obligations respectives des différents acteurs sur la base de faits vérifiables.
Dans l’immédiat, l’installation de puits pourrait constituer une alternative pour faciliter l’approvisionnement en eau des écoles. Cette option nécessite toutefois des études préalables, notamment sur la disponibilité de la ressource, la qualité sanitaire de l’eau, la sécurité des installations et les conditions d’entretien. L’eau destinée à la consommation humaine doit faire l’objet de contrôles appropriés afin de protéger la santé des élèves et du personnel éducatif.
Au-delà des débats sur les responsabilités, la priorité demeure la garantie d’un accès régulier à une eau de qualité dans les établissements scolaires. Une concertation entre la municipalité, les autorités éducatives, les services compétents de l’hydraulique et les associations de parents d’élèves pourrait contribuer à identifier des solutions durables, tout en clarifiant les modalités de financement.
Rédaction : Mamadou Camara, journaliste
Agence : Camou Communication
Kaolack – Sénégal
