Dakar – La controverse autour de la transhumance des maires continue d’alimenter le débat politique. Dans un communiqué de presse, Abdoulaye Gallo Diao, membre du Bureau politique du Parti socialiste et secrétaire national adjoint chargé des TIC, estime que les positions défendues par KIIRAAY et PASTEF relèvent davantage d’intérêts politiques que de véritables principes démocratiques.
Selon lui, la réaction de PASTEF, à travers l’annonce d’une proposition de loi visant à retirer leur mandat aux maires qui changent de parti, intervient après le ralliement de plusieurs édiles à KIIRAAY. Il considère que cette initiative ressemble davantage à une réponse politique qu’à une réforme inspirée par des convictions constantes.
Abdoulaye Gallo Diao rappelle que, si la Constitution prévoit la perte du mandat pour un député qui quitte le parti sous la bannière duquel il a été élu, une logique similaire pourrait être appliquée aux maires et aux présidents de conseils départementaux. À ses yeux, un mandat local est le résultat d’un investissement collectif du parti politique, qui assure les formalités administratives, le financement de la campagne, la mobilisation des militants et l’organisation des élections.
Il estime ainsi qu’un élu ne devrait pas conserver un mandat obtenu grâce aux moyens de son parti après avoir rejoint une autre formation politique. Dans cette perspective, il juge peu cohérente la position de certains responsables de KIIRAAY qui invoquent aujourd’hui la liberté de choix des élus.
L’auteur du communiqué reproche également à PASTEF son manque de constance. Il souligne que la transhumance des élus locaux existe depuis plusieurs mois sans que le groupe parlementaire n’ait auparavant proposé une réforme. Selon lui, cette soudaine volonté de légiférer s’explique par la crainte de voir des élus locaux de PASTEF rejoindre KIIRAAY, ce qui pourrait fragiliser son implantation territoriale.
Pour Abdoulaye Gallo Diao, les deux camps adoptent des positions dictées par leurs intérêts du moment : KIIRAAY défend la liberté de choix parce qu’elle bénéficie actuellement des ralliements, tandis que PASTEF met en avant la fidélité partisane parce qu’elle redoute d’en être la principale victime.
Il regrette enfin que cette confrontation politique détourne l’attention des préoccupations majeures des Sénégalais, notamment l’emploi des jeunes, le pouvoir d’achat, la qualité des services publics, la justice sociale et la concrétisation des engagements pris depuis l’alternance de mars 2024.
En conclusion, Abdoulaye Gallo Diao plaide pour une application uniforme des principes démocratiques, estimant que si la transhumance est jugée contraire à l’éthique politique, elle doit être combattue en toutes circonstances, sans considération des intérêts des différents camps politiques.
Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication, Kaolack
