Kaolack, 4 septembre 2026 — La Fédération des Acteurs de la Communication et de l’Information du Sénégal (FACS) hausse le ton sur les conditions d’accès au Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP).
Réunie en Bureau exécutif national le mercredi 2 septembre 2026, la Fédération a appelé ses entreprises membres à suspendre temporairement le dépôt de leurs demandes de subvention, estimant que les critères actuels d’éligibilité ne correspondent pas suffisamment aux réalités économiques et au niveau de structuration des entreprises de presse sénégalaises.
Selon la FACS, de nombreuses entreprises éprouvent des difficultés à satisfaire aux exigences administratives et réglementaires du FADP, dans un secteur confronté depuis plusieurs années à d’importantes contraintes économiques et financières.
La Fédération estime également que, depuis sa création en 2021, le FADP fonctionne davantage comme un mécanisme classique d’aide à la presse que comme un véritable outil de financement destiné au développement et à la modernisation des entreprises de médias.
Elle déplore notamment l’absence d’un véritable dispositif de financement des projets d’investissement, avec un comité de crédit suffisamment spécialisé, ainsi que de lignes de crédit ou de mécanismes de garantie permettant aux entreprises de presse de mobiliser des financements bancaires.
Pour une gestion plus concertée
Face à ces difficultés, la FACS préconise une gestion davantage concertée du FADP, associant les organisations professionnelles de la presse. Elle estime qu’une nouvelle phase de dialogue entre l’administration et les acteurs du secteur permettrait d’adapter les mécanismes du Fonds à l’évolution du paysage médiatique.
La Fédération propose notamment de réactualiser le tableau officiel de répartition du Fonds utilisé entre 2021 et 2023, afin de tenir compte des différents niveaux de conformité, de formalisation et de structuration des entreprises.
L’objectif serait de permettre aux entreprises encore en phase de structuration de bénéficier progressivement d’un accompagnement adapté, tout en les incitant à se conformer davantage aux exigences réglementaires.
Un programme de formalisation sur deux ans
Autre proposition avancée par la FACS : la mise en place, par le ministère chargé de la Communication, d’un programme de formalisation et de structuration des entreprises de presse sur une période de deux ans, en partenariat avec des structures d’accompagnement telles que l’ADEPME.
Une partie de l’enveloppe annuelle du FADP pourrait être consacrée au financement de ce programme. Au terme de cette période d’accompagnement, les entreprises bénéficiaires devraient, selon la Fédération, être pleinement conformes aux exigences réglementaires pour continuer à accéder aux mécanismes de soutien du Fonds.
À travers cette position, la FACS entend donc ouvrir un débat de fond sur l’avenir du FADP et sur la nécessité de faire évoluer ses mécanismes afin qu’ils répondent davantage aux réalités économiques et professionnelles des entreprises de presse sénégalaises.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
