Après le lancement du mouvement A2S par Abdoulaye Seydou Sow, ancien ministre et figure politique de Kaffrine, le porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane, est sorti de sa réserve pour livrer sa lecture des nouvelles recompositions politiques qui se dessinent dans la région.
Dans une déclaration au ton ferme mais empreint de sérénité, Abdoulaye Wilane rappelle un principe qu’il juge essentiel dans le jeu démocratique : « Kaffrine n’est la propriété politique de personne. »
Pour le responsable socialiste, chaque citoyen demeure libre de créer un mouvement, de rejoindre un parti, de changer d’alliance ou de soutenir le candidat de son choix. Une liberté qu’il dit respecter pleinement. Mais, insiste-t-il, aucune personnalité politique ne peut considérer qu’elle détient un quelconque droit de propriété sur l’électorat kaffrinois.
« Ni la mienne, ni celle d’un ancien ministre, ni celle d’un parti, qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition. Kaffrine appartient aux Kaffrinois », martèle-t-il.
Fort de son expérience politique dans la région, Abdoulaye Wilane estime que les populations de Kaffrine ne se déplacent pas mécaniquement d’un camp à un autre au gré des repositionnements de leurs responsables. Elles observent, comparent les parcours et évaluent les bilans.
Selon lui, les Kaffrinois sont suffisamment mûrs pour apprécier les engagements des uns et des autres, notamment ceux qui ont été présents dans les moments difficiles comme dans les périodes plus favorables.
Le porte-parole du Parti socialiste met également en garde contre une pratique qu’il considère comme récurrente dans la politique sénégalaise : celle consistant à se rapprocher systématiquement du pouvoir en place pour préserver ou renforcer son influence politique.
« La politique sénégalaise souffre depuis trop longtemps de cette idée selon laquelle il faudrait toujours se rapprocher du pouvoir pour continuer d’exister politiquement », relève-t-il, rappelant que ce phénomène a, selon lui, traversé plusieurs régimes, de Abdou Diouf à Abdoulaye Wade, puis Macky Sall.
Abdoulaye Wilane affirme pour sa part rester attaché à ses convictions. « Je suis socialiste. Je l’étais hier. Je le suis aujourd’hui », déclare-t-il, soulignant qu’il n’a jamais considéré qu’il fallait nécessairement être dans le camp du pouvoir pour servir Kaffrine.
Reconnaissant que tout bilan peut comporter des réussites mais également des insuffisances, le responsable socialiste revendique toutefois le travail réalisé dans la région avec les moyens dont il disposait.
Pour lui, les prochaines échéances électorales devront surtout permettre aux différents acteurs de confronter leurs résultats et leurs propositions.
« Le bilan contre le bilan, le projet contre le projet », plaide-t-il, tout en rejetant les procès en sorcellerie, les attaques personnelles et les déclarations visant à faire croire qu’une personnalité politique pourrait, à elle seule, déplacer automatiquement tout un électorat.
Dans cette perspective, Abdoulaye Wilane estime que les Kaffrinois doivent être placés au cœur du débat. « Les Kaffrinois ne suivent pas un mot d’ordre parce qu’il vient de Dakar. Ils choisiront », affirme-t-il.
Au-delà des querelles de positionnement, le porte-parole du Parti socialiste appelle ainsi les différents prétendants à mettre sur la table les véritables préoccupations de la région : emploi des jeunes, agriculture, élevage, accès à l’eau, santé, éducation, infrastructures, activité économique et place de Kaffrine dans le développement du Sénégal.
À l’endroit des initiateurs de nouveaux mouvements politiques, notamment ceux qui viennent de se lancer dans la bataille, Abdoulaye Wilane se veut également clair : « Bienvenue dans le débat démocratique. Présentons nos parcours. Présentons nos bilans. Présentons surtout nos projets. »
Une manière de renvoyer la décision finale aux électeurs et de rappeler que, dans une démocratie, aucune recomposition politique ne peut être considérée comme acquise avant le verdict des urnes.
« Faisons confiance aux Kaffrinois. Ils sont suffisamment mûrs pour savoir faire la différence entre les convictions qui durent et les alliances qui passent. »
Le message d’Abdoulaye Wilane intervient donc dans un contexte de recomposition politique à Kaffrine, marqué notamment par le lancement de A2S, et ouvre déjà la perspective d’une confrontation politique où les parcours, les bilans et les projets pourraient davantage peser que les simples changements d’étiquette ou d’alliance.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
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