Dakar — Le Forum d’Assistance des Consommateurs du Sénégal (FACS) tire la sonnette d’alarme sur les difficultés auxquelles sont confrontés les ménages sénégalais. Dans une lettre adressée au Premier ministre le 9 septembre 2026, l’organisation de défense des consommateurs estime que la conjoncture économique actuelle accentue la pression sur le pouvoir d’achat des citoyens.
Sous le titre évocateur « Les consommateurs du Sénégal souffrent en silence », le FACS appelle l’État à placer la justice sociale au cœur des réformes économiques engagées, notamment dans le contexte de l’accord technique avec le Fonds monétaire international (FMI). Pour l’organisation, l’assainissement des finances publiques ne doit pas se faire au détriment des ménages.
Électricité et eau : le FACS réclame davantage de transparence
Le premier point soulevé concerne la tarification des services publics, notamment l’électricité et l’eau.
Le FACS critique particulièrement la facturation liée aux compteurs Woyofal de la Senelec, qu’il juge difficilement lisible et trop lourde pour les foyers modestes. L’organisation estime également que les factures de Sen’Eau connaissent des hausses qu’elle considère disproportionnées au regard de la qualité du service et des coupures récurrentes évoquées dans sa lettre.
Face à cette situation, le FACS demande à l’État et aux organes de régulation concernés de renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence et de préserver des tarifs sociaux destinés aux ménages à faibles revenus.
Crédit bancaire : le FACS dénonce des conditions jugées difficiles
Le secteur bancaire constitue le deuxième grand sujet d’inquiétude soulevé par l’organisation.
Le FACS met notamment en avant les difficultés liées au crédit DMC, destiné aux agents de l’État pour l’accès au logement. Il dénonce des lenteurs administratives ainsi que des conditions d’octroi qu’il considère comme abusives.
L’organisation s’inquiète également du niveau des taux d’intérêt et estime que le coût du crédit peut constituer un obstacle important pour les ménages, les particuliers et les petites et moyennes entreprises.
Le FACS appelle ainsi l’État à intervenir auprès de la BCEAO pour renforcer l’encadrement de la tarification bancaire et demande un audit du traitement des crédits DMC dans les établissements bancaires concernés.
Mobilité bancaire : les consommateurs demandent davantage de protection
Autre préoccupation soulevée : la difficulté, selon le FACS, de changer d’établissement bancaire.
L’organisation estime que les procédures liées à la clôture des comptes, aux attestations, aux transferts de dossiers ou encore au remboursement anticipé des crédits peuvent décourager les clients souhaitant changer de banque.
À cela s’ajoutent, selon le FACS, des problèmes de qualité de service : pannes de distributeurs automatiques, difficultés d’accueil, insuffisance de personnel aux guichets et manque de transparence sur certains frais bancaires.
Le Forum réclame notamment l’application des mesures de gratuité prévues par la BCEAO, une meilleure régulation des coûts bancaires et un cadre renforçant la mobilité des clients des banques et des institutions de microfinance.
Loyers, gaz, pain et eau en sachet : le FACS interpelle également les autorités
Dans sa lettre, l’organisation élargit son alerte à plusieurs préoccupations liées à la vie quotidienne. Elle cite notamment la spéculation sur les prix des loyers et du gaz butane, mais également les questions d’hygiène et de conservation de certains produits de consommation courante.
Le FACS demande aux autorités compétentes de renforcer les contrôles sur les prix, mais aussi de veiller davantage au respect des normes d’hygiène et de sécurité concernant les produits vendus dans les boutiques.
« L’heure est à l’action »
En conclusion, le Forum d’Assistance des Consommateurs du Sénégal lance un appel à la mobilisation. Il estime que l’ajustement budgétaire ne doit pas reposer sur les citoyens et invite l’État à jouer pleinement son rôle de « bouclier social ».
L’organisation appelle ainsi à agir pour davantage de transparence sur les prix de l’électricité et de l’eau, lutter contre les pratiques bancaires qu’elle juge abusives et renforcer la régulation face à la vie chère.
Un plaidoyer qui place une nouvelle fois la question du pouvoir d’achat et de la protection des consommateurs au centre du débat public.
Mamadou Camara- Journaliste
Camou Communication
Kaolack

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