À Kaolack, le débat politique se poursuit autour de la structuration et de la mobilisation de la mouvance présidentielle. Abdoulaye Ndao dit Déthié, coordonnateur régional du Mouvement pour la Citoyenneté Engagée (MCE) dirigé par Mamadou Lamine Dianté, est sorti de sa réserve pour livrer son analyse de la situation politique actuelle.
Pour lui, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, doit être accompagné et soutenu dans l’intérêt supérieur du Sénégal. Mais cet accompagnement, estime-t-il, ne doit pas se limiter aux discours ou aux responsabilités administratives. Il doit également se traduire par une présence effective sur le terrain politique.
« Le Président de la République doit être accompagné pour l’intérêt du Sénégal. Mais malheureusement, ils sont nombreux, les responsables politiques qui ont été nommés et qui ne mouillent pas le maillot sur le terrain pour renforcer politiquement le pouvoir », déplore Abdoulaye Ndao dit Déthié.
Le responsable politique kaolackois pointe également du doigt la situation de certains acteurs qui, selon lui, disposent d’une faible implantation politique mais occupent une place importante dans les débats et les cercles de décision.
« Certains n’ont pas de bases politiques et ne font que crier pour garder leurs privilèges », affirme-t-il.
Des militants qui réclament davantage de considération
Abdoulaye Ndao dit Déthié insiste particulièrement sur le cas des militants et responsables qui ont investi leurs propres moyens dans l’animation politique et les actions sociales.
« Nous sommes des acteurs politiques. Nous avons mis tous nos moyens dans les activités politiques et dans le financement des femmes, mais en retour, on ne nous considère pas », regrette-t-il.
Selon lui, cette situation risque progressivement de créer de la frustration chez certains militants qui ont accompagné le projet politique depuis ses premières heures.
Le coordonnateur régional du MCE estime ainsi qu’il est temps de revoir la place accordée aux cadres politiques, aux militants de terrain et surtout aux hommes de conviction qui, depuis le début, ont pris leurs responsabilités pour accompagner le Président de la République.
Jalouse, manque de considération et querelles internes
Dans son analyse, Abdoulaye Ndao dit Déthié évoque également plusieurs difficultés susceptibles, selon lui, de fragiliser la dynamique de la mouvance présidentielle.
Il cite notamment la jalousie, le manque de considération, les querelles de positionnement, les rivalités internes et l’absence de reconnaissance envers certains pionniers disposant pourtant de bases politiques réelles.
Pour lui, une organisation politique ne peut durablement se consolider si les militants ayant construit des réseaux et travaillé sur le terrain sont marginalisés au profit de personnalités davantage visibles dans les cercles institutionnels.
Il appelle donc à davantage de dialogue, de cohésion et de reconnaissance envers les acteurs qui ont contribué à l’implantation politique du mouvement.
« Il faut éviter la confusion et le tâtonnement »
Pour Abdoulaye Ndao dit Déthié, la consolidation de la mouvance présidentielle passe nécessairement par une meilleure coordination entre les responsables nommés, les cadres politiques et les militants de terrain.
Il invite les différents responsables à dépasser les querelles de personnes et les calculs individuels afin de privilégier l’intérêt général et la réussite du projet porté par les nouvelles autorités.
« Si on continue à ce rythme, dans la confusion et le tâtonnement politique, l’avenir de la mouvance présidentielle pourrait devenir incertain », prévient-il.
Son message se veut ainsi un appel à la vigilance, à l’unité et à une meilleure prise en compte des réalités du terrain. À ses yeux, la réussite d’une dynamique politique ne repose pas uniquement sur les nominations ou les fonctions occupées, mais aussi sur la capacité des responsables à rester proches des populations, à mobiliser leurs militants et à défendre collectivement les orientations du pouvoir.
À Kaolack comme ailleurs, cette question de la reconnaissance des pionniers, de la fidélisation des militants et de la valorisation des bases politiques devrait continuer à alimenter les débats au sein de la mouvance présidentielle.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication
Kaolack
