À chaque Coupe d’Afrique des Nations ou Coupe du monde, les mêmes visages reviennent parmi les journalistes accrédités pour couvrir les compétitions internationales. Une fois la mission terminée, les Sénégalais s’attendent naturellement à des comptes rendus complets sur les performances sportives, mais aussi sur les réalités vécues au sein de la tanière et de la délégation.
Pourtant, lorsque des difficultés ou des dysfonctionnements sont évoqués après coup par quelques rares confrères, une question revient avec insistance : pourquoi ceux qui étaient sur place gardent-ils si souvent le silence ?
Le rôle du journaliste sportif ne se limite pas à commenter les résultats d’un match. Il consiste aussi à informer le public sur tout ce qui relève de l’intérêt général, dans le respect de la déontologie et de la vérification des faits. Les citoyens ont le droit d’être informés, d’autant plus lorsque des missions sont effectuées avec des moyens mobilisés pour couvrir les compétitions.
La proximité entre certains journalistes et les dirigeants du football sénégalais alimente régulièrement le débat. Cette relation peut-elle créer un malaise lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets sensibles ? Peut-elle conduire à une forme d’autocensure ? Ce sont des interrogations légitimes qui méritent d’être posées.
L’Association nationale de la presse sportive (ANPS) est également interpellée. Au-delà de son rôle de représentation des journalistes sportifs, quelles initiatives met-elle en œuvre pour renforcer l’indépendance de ses membres, promouvoir une information équilibrée et encourager le débat sur les conditions de couverture des grandes compétitions ?
Une conférence de presse de l’ANPS pourrait permettre d’apporter des réponses aux nombreuses interrogations de l’opinion publique. La transparence est essentielle pour préserver la crédibilité de la presse sportive.
Les journalistes ont une responsabilité envers le public. Être accrédité pour couvrir une compétition internationale est un privilège, mais aussi un devoir : celui d’informer avec rigueur, indépendance et honnêteté. Lorsque certains sujets restent dans l’ombre, le silence nourrit les interrogations et fragilise la confiance des citoyens.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
